STAGE EN ENTREPRISE - Période, rapport et soutenance

lundi 18 février 2019
par  DENIBAS Annie
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En Troisième est préconisée une semaine de stage d’observation en entreprise pour tout collégien, qui prend ainsi pour la première fois contact avec le monde du travail. En effet, si certains connaissent déjà quelque peu le milieu (parents commerçants par exemple), la grande majorité n’a aucune expérience.

Le stage est dit "d’observation" car il n’est pas question pour le jeune de prendre part à des activités professionnelles réelles, surtout avec des machines ou outils répertoriés comme dangereux. Si le collégien flirte légèrement avec la profession, le stage ne dure qu’une semaine car l’implication professionnelle reste réduite. Pour autant, certaines valeurs qui dépassent largement le monde du travail peuvent être testées et certaines compétences actées ou non : ponctualité, assiduité, savoir-être, relationnel, implication, esprit d’initiative...

Le stage lui-même

Lors de nos réunions de pré rentrée, quand l’équipe de professeurs est renouvelée et (en principe) complète, nous déterminons les dates de la semaine de stage. Ainsi, le jour de la rentrée des classes de Troisième, quand nous leur notifions leurs divisions et qu’ils partent avec leur nouveau professeur principal, ils reçoivent en même temps que leur emploi du temps une convention de stage vierge à nous rendre en trois exemplaires : un pour les responsables légaux, un pour le maître de stage, un pour le collège.

Certains élèves arrivent à la rentrée avec un terrain de stage trouvé pendant les vacances, la plupart vont trouver pendant le trimestre. Seuls, avec l’aide de leurs parents, parfois un coup de pouce de notre part. Ils savent depuis la Sixième qu’ils auront un stage à faire et dès la Quatrième, nous revenons sans cesse sur le calendrier de l’année de Troisième.

Tout au long du trimestre, le Professeur principal et le Principal adjoint répertorient les lieux de stage trouvés, mais suivent aussi les élèves qui ont du mal à trouver. Assénons une platitude : c’est la crise ; on a déjà du mal à trouver un emploi, ce n’est pas plus facile de trouver un stage quand on a l’âge de travailler. Alors quand on est un jeune collégien d’âge pré-laborieux... Et puis la difficulté est aussi psychologique. C’est un pas à franchir, que d’aller dans une entreprise (même celle de papa, éventuellement), de se confronter à des gens qui ne sont pas là pour éduquer, mais pour gagner leur vie, qui n’ont pas forcément le temps de pratiquer la bienveillance pédagogique qui fait partie de notre fonction. Bref, c’est compliqué pour nos élèves.

La semaine de stage se passe en général bien. Nos ados se rendent compte que les professionnels ne sont pas là pour les dévorer, qu’ils sont finalement plus aidants qu’ils ne le craignaient, mais qu’en revanche, ils sont moins disponibles pour les exigences et caprices auxquelles parents et enseignants sont habitués (mais si, mais si !). Bref, ils apprennent la vie. Et quand ils reviennent, ils sont en général contents de ce qu’ils ont vécu. Mais la méchante équipe pédagogique ne tenant pas à leur simplifier la scolarité, leur travail ne s’arrête pas là...

Le rapport de stage

Avant de partir, ils ont téléchargé sur l’E.N.T. du collège quelques documents d’aide :

  • un imprimé méthodologique pour concevoir leur rapport de stage,
  • un questionnaire à remplir avec les collègues de travail et à adapter à la structure dans laquelle on entre (commerce, entreprise, association, institution...).

Ces documents ne sont pas de simples formulaires à remplir pour faire leur rapport. S’ils constituent une aide réelle, nos collégiens doivent pour autant concevoir, rédiger, mettre en page et fabriquer réellement leur rapport eux-mêmes, selon un cahier des charges précis qui leur est communiqué au départ aussi. Ils ont une date butoir pour rendre le document, qui sera sanctionné d’une note sur vingt, comptant dans la moyenne de Technologie.

Le barème leur est évidemment communiqué à l’avance, ainsi que celui de la soutenance dudit rapport.

LA SOUTENANCE - L’oral de stage

Dernière étape de ce parcours pré professionnel, l’oral. Chacun va soutenir son rapport de stage devant un jury de deux personnes : la première est un adulte de l’établissement (professeur, assistant d’éducation, personnel de direction ou administratif...), la seconde une personne de l’extérieur : associatif, professionnel ou retraité (de l’éducation ou non), parent d’élève, et même parent de professeur.

L’entretien dure dix à douze minutes, pendant lesquelles l’élève se présente comme s’il venait de l’extérieur, comme si on ne le connaissait pas (ce qui est d’ailleurs vrai pour un de ses jurés). il parle de son stage, présente son rapport, ses difficultés, ses satisfactions, et son avenir ; travaillera-t-il plus tard dans le secteur où il a trouvé son stage, a-t-il appris quelque chose en stage, s’est-il déjà renseigné (nous sommes en février, quatre mois et demi seulement avant la fin de l’année) sur le type de formation qu’il doit suivre, le type d’établissement de formation, les compétences exigées... ?

Un débat suit l’exposé, ponctué de questions des jurés sur des points qu’ils souhaitent préciser, qui n’ont pas été abordés, ou sur tout autre sujet en rapport ou non avec le stage. Le but n’est évidemment pas de tendre des pièges, mais de mettre à l’aise, de rattraper un exposé qui a pu être jusqu’à maintenant inexistant ou incohérent. On libère le candidat (à qui on ne donne pas sa note), le jury délibère, pose une note sur 20, qui comptera en Français. En fin de demi-journée, harmonisation des notes par chaque jury. Là encore, les élèves ont été informés du barème de notation.

Les deux jours que dure l’oral, les classes de Troisième sont libérées totalement de cours, puisque ce sont leurs professeurs qui sont jurés internes. On en profite pour faire passer à ces mêmes classes deux oraux de langue vivante : un dans chaque L.V. Chaque collégien de Troisième est donc convoqué trois fois, une pour chaque langue et une pour le rapport de stage.